Daniel Bruniaux aura peint toute sa vie des autoportraits. De façon obsessionnelle. Mais des autoportraits qui incorporent la réalité qui l'entoure, la foule des pensées qui le traversent.
Il nous fait entrer dans l'énigme de la perception. On devine parfois des éléments familiers, mais ceux-ci sont tout de suite transformés à leur tour : ainsi, l'œuvre nécessite d'être découverte et interrogée sans cesse. Une peinture exceptionnelle qui demeure inconnue. Nous lui consacrerons une exposition étendue en 2027. En août 2026, nous présentons quelques-unes de ces toiles.
Daniel Bruniaux has painted self-portraits throughout his life—obsessively. Yet these are self-portraits that incorporate the reality surrounding him and the multitude of thoughts passing through his mind.
He draws us into the enigma of perception. At times, we glimpse familiar elements, but these are immediately transformed in turn. His work therefore demands to be continually rediscovered and questioned. An exceptional body of paintings that remains largely unknown. We will devote an extensive exhibition to his work in 2027. In August 2026, we are presenting a selection of his paintings.
La plage, on croyait la connaître. Pierre Moreau révèle que nous ne l'avions pas vue : nous l'avions vécue, ce qui est tout différent. Ce qu'il saisit, ce n'est pas une plage, mais l'espace humain confronté à l'immensité — silhouettes éparses, points de couleur disséminés sur l'étendue du sable, présences petites, libres et fragiles, obstinément vivantes.
La lumière est douce, les couleurs pastel ; il ne force jamais l'émotion, il la laisse venir, lente et irrésistible comme la marée. Au loin, de petites voiles, des cerfs-volants lancés vers le ciel, le vent invisible qui gouverne tout. Moreau photographie la plage comme si l'homme se tenait pour la première fois devant l'océan, découvrant que la terre avait une fin — et, de l'autre côté, l'inconnu.
We thought we knew the beach. Pierre Moreau reveals that we had never truly seen it—we had lived it, which is something else entirely. What he captures is not a beach but human space confronted with immensity: scattered silhouettes, points of colour strewn across the sand, presences that are small, free, fragile and stubbornly alive.
The light is soft, the colours pastel; he never forces emotion but lets it come, slow and irresistible as the tide. Far off, small sails and kites launched into the sky, the invisible wind that governs everything. Moreau photographs the beach as if man stood before the ocean for the first time, discovering that the earth had an end—and, on the other side, the unknown.
Né dans une famille nombreuse et cosmopolite, Pierre Moreau se forme à Bruxelles au Conservatoire royal de musique (flûte traversière) et à l'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, dont il sort diplômé en photographie en 1964. Photographe de presse aux débuts de la construction européenne, il mène ensuite une longue carrière de photographe avant de se consacrer, à partir des années 2010, à une œuvre photographique personnelle et picturale.
Depuis une dizaine d'années, il expose ses scènes de plages dans des festivals, des galeries et des musées. En 2019, la ville d'Ostende présente vingt-sept grands formats de ses plages le long de la mer ; en 2020, la Maison de l'image de la Seed Factory lui consacre une rétrospective et un catalogue ; en 2022, six de ses œuvres sont inscrites au patrimoine de la Région de Bruxelles-Capitale. Ses images poétiques, qui subliment la réalité, invitent à une contemplation apaisante.
Born into a large, cosmopolitan family, Pierre Moreau trained in Brussels at the Royal Conservatory of Music (flute) and at the École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, graduating in photography in 1964. A press photographer during the early years of European integration, he then pursued a long career as a photographer before devoting himself, from the 2010s onward, to a personal, painterly body of photographic work.
For the past decade he has exhibited his beach scenes in festivals, galleries and museums. In 2019 the city of Ostend showed twenty-seven large-format prints of his beaches along the seafront; in 2020 the Maison de l'image at the Seed Factory devoted a retrospective and catalogue to his work; and in 2022 six of his works were inscribed in the heritage of the Brussels-Capital Region. His poetic images, which transfigure reality, invite a calm and restorative contemplation.
Artiste plasticienne, professeure de photographie et de cinéma, Valérie Berteau a commencé son parcours comme photojournaliste et réalisatrice de documentaires. Son travail artistique interroge les connexions, les liens entre l'homme, le territoire, le corps, l'environnement, avec une sensibilité particulière pour les gestes et la matière.
Visual artist teaching photography and cinema, Valérie Berteau began her journey as a photojournalist and documentary filmmaker. Her work relates to connections, the links between the territory, the body, the environment, with a particular sensitivity for gestures and materials.
Artiste plasticienne multidisciplinaire, Christine Dethier développe une œuvre photographique centrée sur les relations entre architecture et lumière naturelle. Son travail met en évidence les transformations perceptives de l'espace à travers des phénomènes lumineux subtils et évolutifs.
Multidisciplinary visual artist, Christine Dethier develops a photographic body of work centred on the relationships between architecture and natural light. Her work highlights the perceptual transformations of space through subtle and evolving light phenomena.
Photographe belge autodidacte, Françoise Lerusse vit et travaille à Bruxelles. Après des études de littérature française à l'Université de Liège, elle se tourne vers le journalisme, la création radiophonique, le documentaire audiovisuel puis la publicité, où elle exerce comme conceptrice-rédactrice au sein de plusieurs agences de premier plan. C'est au cours de ce parcours consacré à l'image et au récit qu'elle développe une pratique photographique qui deviendra progressivement centrale dans sa vie.
À partir de 2014, elle approfondit sa démarche en suivant de nombreuses formations et séminaires photographiques avant de se consacrer entièrement à la photographie en 2017. Son travail s'articule autour de deux axes complémentaires : l'observation des transformations du paysage contemporain sous l'effet de l'urbanisation et l'exploration des formes, des structures et des géométries qui organisent notre environnement construit.
Qu'elle photographie les franges urbaines, les architectures, les espaces habités ou les objets du quotidien, Françoise Lerusse développe une écriture visuelle fondée sur une recherche constante de l'équilibre entre documentaire et poésie. Ses images interrogent notre perception du réel en jouant sur les lignes, les volumes, les perspectives, les ombres et les superpositions. La photographie devient alors un espace de transformation où le monde visible se réinvente aux frontières de l'abstraction.
Parmi ses projets marquants figurent les séries Chaos, consacrée aux excès de l'urbanisation contemporaine, L'Esprit des formes, qui explore les relations entre photographie, design et géométrie, ainsi que Les Dernières Terres, réflexion sensible sur la disparition progressive des territoires naturels et agricoles sous la pression de la périurbanisation.
Françoise Lerusse a publié plusieurs ouvrages photographiques, dont Chaos, Dans les plis du vieux village et Les Dernières Terres. Son travail a été exposé en Belgique et en France et figure aujourd'hui dans diverses collections privées.
À travers une photographie exigeante et sensible, elle poursuit une recherche où le regard tente de révéler l'ordre caché du monde tout en laissant place à l'incertitude, à l'émotion et à l'imaginaire.
Self-taught Belgian photographer, Françoise Lerusse lives and works in Brussels. After studying French literature at the University of Liège, she turned to journalism, radio production, audiovisual documentary and advertising, where she worked as a copywriter at several leading agencies. It was throughout this career devoted to image and narrative that she developed a photographic practice that would gradually become central to her life.
From 2014, she deepened her approach by attending numerous photography workshops and seminars before devoting herself entirely to photography in 2017. Her work revolves around two complementary axes: observing the transformations of the contemporary landscape under the effect of urbanisation, and exploring the forms, structures and geometries that organise our built environment.
Whether she photographs urban fringes, architecture, inhabited spaces or everyday objects, Françoise Lerusse develops a visual language grounded in a constant search for balance between documentary and poetry. Her images question our perception of reality by playing with lines, volumes, perspectives, shadows and superimpositions. Photography thus becomes a space of transformation where the visible world reinvents itself at the borders of abstraction.
Among her notable projects are the series Chaos, devoted to the excesses of contemporary urbanisation; L'Esprit des formes, which explores the relationships between photography, design and geometry; and Les Dernières Terres, a sensitive reflection on the gradual disappearance of natural and agricultural land under the pressure of peri-urbanisation.
Françoise Lerusse has published several photography books, including Chaos, Dans les plis du vieux village and Les Dernières Terres. Her work has been exhibited in Belgium and France and is now held in various private collections.
Through exacting and sensitive photography, she pursues a practice in which the gaze seeks to reveal the hidden order of the world, while leaving room for uncertainty, emotion and the imagination.
Françoise Lerusse
Françoise Lerusse
Christine Dethier
Valérie Berteau
Valérie Berteau
Rencontre avec l'artiste autour de son exposition à l'Espace Maurice Amaraggi.
[Texte de présentation de l'Espace Maurice Amaraggi à venir.]
Bruxelles, Belgique
Mar–Sam, 11h–19h
contact@espacemauriceamaraggi.art